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l'infini moins quarante annuites: Compléments de noms 1972–2012

1. En septembre1972 titulaire d'une bourse, je pris l' Orient - Express jusqu'à Vienne. Durée 16h, couchette supérieure. Peu enthousiaste à l'idée de partager une chambre en cité universitaire, je cherchai un studio à louer et m'installai à Wien 15. 48/18 Flachgasse.

2. Après une licence d'allemand, rédaction d'un mémoire de maîtrise sur  les rapports entre texte et musique dans l'opéra "Lulu" d'Alban Berg. En parallèle, cours d'électroacoustique à la Hochschule für Musik.  

3. Exploration de la ville dans ses moindres recoins. En octobre au bord du canal du Danube je découvris sur un bâtiment l'inscription "DDSG" : Donau-Dampfschifffahrts-Gesellschaft". Aussitôt me revint le Donaudampfschifffahrtsgesellschaftskapitän, mot composé que les enfants répètent pour s'amuser : Le capitaine de la compagnie des voyages en bateau à vapeur du Danube. Ce pourrait être le début d'une histoire. Elle s'appellerait "Compléments de noms".

4. Le soir j'inscrivis le mot sur une feuille, accrochai un nouveau substantif, puis un autre, par curiosité. L'extension par ajouts successifs rendait vite l'ensemble illisible. Il fallait conserver le même nombre d'unités, six, en poussant un mot vers la sortie à chaque nouvelle introduction. Je traduisis les premiers mots écrits en allemand, en français ils donnaient des phrases. Du fait de leur isométrie je les nommai vers.

      le capitaine de la compagnie des voyages en bateau à vapeur du Danube

      la femme du capitaine de la compagnie des voyages en bateau à vapeur

      la fille de la femme du capitaine de la compagnie des voyages en bateau

      le chien de la fille de la femme du capitaine de la compagnie des voyages

      la niche du chien de la fille de la femme du capitaine de la compagnie

      le tapis de la niche du chien de la fille de la femme du capitaine

      la couleur du tapis de la niche du chien de la fille de la femme

5. En 1971 j'avais fait la connaissance de Louis Roquin lors d'un concert à la Biennale de Paris. Par son intermédiaire j'assistais aux réunions hebdomadaires du GERM, le Groupe d'études et de réalisations musicales fondé par Pierre Mariétan , qui rassemblait des compositeurs interprètes. Le groupe fut le premier en France à jouer les œuvres des répétitifs américains, notamment Terry Riley. Je suivis  l'enregistrement de "In C", une pièce dans laquelle 53 formules sont répétées ad libitum en une lente et progressive modulation.

6. En décembre 1972 je retrouvai Louis Roquin à Bonn où il travaillait avec Karlheinz Stockhausen à l'enregistrement de "Momente". J'assistais aux répétitions. Stockhausen détaillait la structure de sa pièce conçue comme un organisme d'événements autonomes qui entretiennent entre eux des relations. A côté des compositeurs du Germ et de Riley , il détermina mon orientation : composer un texte comme on écrit une musique.

7. Louis Roquin fut à Bonn le premier auditeur et le premier lecteur de "Compléments de noms". Il me dit "c'est très bien, mais il n'y en a pas assez". Qu'à cela ne tienne, le poème sera donc infini !

8. Des règles dans la composition émergèrent très vite. L'introduction d'un nouveau mot repose sur l'association d'idées, la collocation, la synonymie, l'accumulation ou se plie à la règle d'une figure de rhétorique ou de style, d'une figure inventée. S'il est infini le poème a pour ambition d'utiliser tous les substantifs existants, sans hiérarchie : mots issus des patois, des dialectes, des langues étrangères, des langues mortes ou inventées, des langages techniques ... Ecrire dans les langues un poème sur le langage.

9. J'appliquais aussi les techniques de l'électroacoustique montage, insertion, bouclage en taillant dans le vocabulaire comme on taille dans la bande.

10. Chaque mot nouvellement introduit est en position de "sujet" . Puis il est progressivement poussé vers la sortie, à chaque vers il s'éloigne du point de focalisation sémantique avant de disparaître. Après quelques centaines de vers, il n'était plus nécessaire d'aligner les six substantifs. Les cahiers manuscrits ne contiennent donc qu'une longue colonne de noms, une kyrielle qui se lit à la verticale. Ainsi est-il dit que chaque mot n'est employé qu'une seule fois dans le poème, bien qu'il apparaisse cinq fois en position de complément. Un fichier recense les mots déjà utilisés avec le numéro du vers correspondant. L'index du poème.

11. Lors d'un séjour à Paris en mars 1973, je repris contact avec un lycéen auquel je donnais des cours d'allemand. Son père Georges Charbonnier produisait sur France Culture l'émission "Art, méthode, création". Après une séance de travail, je lui demandai son avis sur le texte commencé à Vienne. Il parcouru les premiers vers, feuilleta quelques pages puis, relevant la tête, me lança "vous passez à la radio la semaine prochaine". Cette première émission diffusée le 23 mars orienta le cours du poème vers l'oralité et détermina le dispositif des interventions à venir : la voix amplifiée par un micro capable de saisir les moindres inflexions, de restituer les souffles, les chuchotis, les bruits de bouche.

12. En mai 73 première descente sur le Danube à partir de Melk.

13. Invitée à participer à la 8° Biennale de Paris le 21 septembre et toujours influencée par la technique électroacoustique, j'enregistrai sur bande un long passage d'1h30 diffusé au cours de la soirée partagée avec la danseuse Susan Buirge, les musiciens Eugénie Kuffler et Philippe Drogoz.

14. Les premières lectures "live" n'eurent lieu qu'en janvier 1975 dans un café-théâtre parisien "La cour des miracles".

15. En juin de la même année, l'organisation d'une manifestation que j'intitulai "Hors-Texte"  présentait une exposition de poésie visuelle et sonore accompagnée d'un spectacle (festival "Musique dans la rue" à Aix en Provence). Ce fut l'occasion d'entrer en contact avec Pierre Garnier, Jean-François Bory, Julien Blaine, Bernard Heidsieck, Henri Chopin, François Dufrêne ... 

16. Le 22 janvier 1976, à l'invitation de Bernard Heidsieck, première lecture parmi les poètes sonores  à la galerie Annick Lemoine ("Panorama de la poésie sonore internationale"). "Deuxième Hors-Texte" avec une lecture de 45 minutes de "Compléments de noms"

17. Le choix de l'oralité comme mode de diffusion d'un texte reposait d'abord sur ma proximité avec la musique contemporaine. Les compositeurs et musiciens du Germ interprétaient leurs propres œuvres, je pensai faire la même chose avec les mots. Je ne repris pas le terme de poésie sonore car il me semblait appartenir à ses trois grands fondateurs français qu'étaient Heidsieck, Chopin et Dufrêne.

18. Depuis 1975 je faisais partie de l'Oulipo. Les "Compléments de noms" furent le motif de ma cooptation. Je me partageais ainsi entre deux familles adoptives que je plaçais à égale distance, demeurant dans un entre-deux où j'inventais ma propre synthèse.  

19. Chaque nouvelle lecture s'intitulait désormais Hors-Texte avec un numéro d'ordre, terme utilisé jusqu'en 1982. C'est encore sous l'influence de la musique que je décidai d'appliquer au texte des modes de lecture indépendant du sens. Me fondant sur les paramètres du son : tempo, nuance, caractère et en reprenant le vocabulaire, je déterminais les débits de lecture (de lento à prestissimo), le volume sonore (de pianissimo à fortissimo) et les tons (furioso, doloroso, apassionato etc.). Le texte devenait partition, seule l'oralité pouvait rendre compte de la totalité du processus, ce que je résumai par une formule : la projection du mot dans l'espace représente le stade ultime de l'écriture.

20. Invitée à lire dans des villes et des pays différents, chaque lecture doit être unique et éphémère. Des grilles de lecture sont déterminées en fonction du lieu, en se fondant par exemple sur les relevés météorologiques, sur l'annuaire des marées ou sur des données relatives au cours du Danube.

21. La publication papier fut envisagée dès la fin des années soixante-dix. Tout d'abord avec le soutien de la Banque de France. Sur chaque billet qui me passait entre les mains, j'inscrivais un vers . Dans un carnet je reportais la valeur du billet, son numéro et celui du vers. Certains commerçants ne remarquaient rien, d'autres s'inquiétaient que le billet ne soit plus valable, certains lisaient. Ainsi à un guichet de la gare de l'Est à Paris, l'employée me signala que quelque chose était inscrit sur mon billet. Ah bon quoi ? Elle lut à haute et intelligible voix l'intégralité du vers, haussa les épaules : ça ne veut rien dire, conclut-elle. Ah passer au pilon de la Banque de France ...

22. Le mercredi 26 mars 1980, le numéro 73 de la 112° année du Journal Officiel de la République Française - édition des lois et décrets - publiait le vers 5883 de Compléments de noms : " L'association de l'auditeur de la sonorité du sémantisme du substantif du poème". Président Louis Roquin.

L'intitulé avait intrigué le bureau du préfet, qui nous convoqua. Fonder une association subversive est interdit par la loi, alors substantif ? Bref rappel grammatical devant des secrétaires dubitatives.

23. Il y avait pourtant de quoi inquiéter dans ce numéro du J.O : "Amicale de l'îlot de la place des Fêtes", "Comité d'organisation de la fête de l'enseignement public de Saint-Omer", " Comité de défense des intérêts des habitants de Pérenchies", "Service de remplacement des agriculteurs du canton de Tinchebray" ... Amorce d'une collection de ready-made.

24. Le "registre de quarante feuillets vu, coté et paraphé conformément à l'article 31 du décret du 16 août 1901 par le Chef de Bureau de la Préfecture" est resté vierge. Il sera mis à disposition des visiteurs comme Livre d'or durant l'exposition.

25. A partir de 1982 le terme de Publication orale supplanta le mot Hors-Texte. Radicalisation de la démarche, retour à l'étymologie " faire connaître au public par la parole". L'expression rend mieux compte de ce qui se joue dans ce passage à l'oralité. Le texte manuscrit forme une kyrielle qui se lit verticalement, pas à pas, comme l'ordonnée du poème qui correspond au temps de l'écriture. La Publication orale est un déploiement horizontal, abscisse du poème qui correspond au temps beaucoup plus long de sa lecture. La Publication orale se démarque ainsi de la simple lecture à haute voix. Le passage à l'horizontale a une incidence sur le sens, il accentue parfois les inversions des liens logiques.

26. A l'instar d'un fleuve dont le débit varie selon la géomorphologie des régions traversées, l'écoulement du sens connaît lui aussi des variations : brusques revirements par le jeu entre sens propre et sens figuré, lorsqu'un mot polysémique permet de moduler, de passer d'un champ sémantique à l'autre (Cf. l'accord en musique). Ralentissement lorsque la  narration s'ébauche avec lourdeur vers après

vers ; tourbillons quand s'accumulent les synonymes et que le sens se dilue. Chaque nouveau mot introduit réoriente le sens de l'énoncé précédent. Fluidité, instabilité, le sens reste fugitif, insaisissable, ne propose que des flashs.

27. En 1983 répondant à l'invitation d'Arnaud Labelle-Rojoux de participer à la série des "Cahiers Loques", je rassemblai 14 extraits de "Compléments de noms" sous le titre de "Première décennie. Compléments de noms. 1973-1983". J'ai toujours hésité entre 72, commencement du texte et 73, date de la première lecture !

Le 5 février participation à Vienne à l' "Internationales Festival phonetische Poesie" organisé par Gerhard Rühm. Je refis le trajet en Orient-Express pour ce retour à la source.

28. A partir de 2000 et mon passage à l'informatique, une conception du poème en 3D, en tant que réseau spatialisé supplanta l'image de son déroulement linéaire. Les mots peuvent être réutilisés dans des passages indépendants, des dérivations à partir du cours principal, une arborescence. Ils jouent le rôle d'échangeur, permettent l'interconnexion, le clic qui oriente vers un autre champ.

29. En 2002, à l'occasion du 30° anniversaire du poème, alors que je résidai à Wiepersdorf (près de Berlin) j'écrivis un long passage fondé sur un fait linguistique particulier : suite à l'exode vers l'Allemagne de nombreux protestants français durant les guerres de religion, les huguenots favorisèrent par leurs activités l'emprunt de mots français. Mots exilés soumis aux normes d'une autre langue, les substantifs prennent une majuscule. Ils se trouvent parfois affublés d'un article défini neutre qu'ils ignorent à l'origine : "das Engagement" . La première Publication orale de "No man's langue" eut lieu au Centre Pompidou le 30 avril 2003.

30. Grâce à la rencontre avec Franz Hammerbacher et Reto Ziegler fondateurs des éditions Korrespondenzen à Vienne, "No man's langue" servit de point de départ à un projet plus vaste, un passage en 2888 vers (le Danube mesure 2888km), publié en 2006 sous le titre "2888 Donauverse. Aus einem unendlichen Gedicht". Passage autonome qui s'ajoute aux quelque 20 000 vers déjà existants.

31. Comme "No man's langue" certains passages de Compléments de noms portent un titre : "Recto Tono", "Gobi", "Pole Position", "Les troubles du langage" , "Français potentiel", "Les quatre langues nationales de la Suisse" ou "Le cours du Danube". Ils s'accompagnent d' images, de prélèvements sonores, peuvent même faire l'objet d'une mise en scène.  

32. L'histoire commença par hasard au bord du Danube, fleuve transcontinental et multilingue. Baptisé Danubius par les Romains, il change de nom au cours de sa traversée de la Mitteleuropa : Donau en Allemagne et Autriche, Dunaj en Slovaquie et Ukraine, Duna en Hongrie, Dunav en Croatie, Serbie et Bulgarie, Dunarea en Roumanie et Moldavie. L'incertitude demeure sur la localisation de sa source, il a trois longueurs, 2888 km correspond à la source de la Breg en Forêt Noire. A la fin du 19° siècle, l'ingénieur britannique Charles Augustus Hartley décida de le mesurer à partir du delta avec pour point zéro le phare de Sulina, au bord de la mer Noire. En raison de l'envasement la mer a depuis reculé de 7km et le phare se dresse sur la terre ferme. Les premiers 151 kilomètres inclus dans le delta jusqu'à Galati sont calculés en miles nautiques. Sa fin est aussi son commencement, comme les poèmes chinois à lecture retournée que je traduis depuis plus de vingt ans !

33. A côté des assureurs, des pharmaciens, des frigoristes, des transporteurs, des restaurateurs et autres entrepreneurs qui ont fait du fleuve leur marque de fabrique, se trouvent dans l'annuaire des abonnés au téléphone de Vienne un(e) Andrea, Ingrid, Markus, Michaela DONAU

34. Mélanger dans une terrine 250g de beurre ramolli avec 250g de sucre et 1 sachet de sucre vanillé. Ajoutez un à un 5 œufs, puis 350g de farine et 1/2 sachet de levure chimique. Beurrez un moule à manqué. Versez-y 2/3 de la pâte obtenue. Ajoutez au 1/3 restant 2 cuillères à soupe de cacao en poudre et 1 cuillère de lait, mélangez. Versez cette pâte foncée sur la pâte claire. A l'aide d'une fourchette dessinez des ondulations sur le dessus, déposez environ un verre de cerises dénoyautées et égouttées. Enfournez 35mn à 180°. Ainsi se propage le gâteau "Vague du Danube". Vous pouvez aussi rouler et polir dans la bouche les "Galets du Danube" (Confiserie Heuschober de Linz), écouter Strauss ... Comment représenter le fleuve ? Les autrichiens l'ont (dé) peint en bleu.

35. Chaque Publication orale soumise à une grille de lecture nécessite d'inscrire le texte et ses "didascalies" sur un support. Le premier cahier était manuscrit. Ensuite chaque feuille du texte tapé à la machine était inséré dans un classeur, glissé dans une pochette en plastique sur laquelle était collées des étiquettes avec les indications de lecture. Je fis un essai sur des rouleaux de papier peint - trop fragile. Une machine à chariot large me permit enfin de taper le texte sur de longs rouleaux de papier à dessin jusqu'à ...  la disparition des rubans encreurs. Entretemps j'avais étudié la calligraphie chinoise, je choisis donc le pinceau et l'encre de Chine pour réaliser des rouleaux manuscrits. Le geste de l'écriture est unique et sans repentir, en cela il rejoint la Publication orale.

36. À l'occasion de ce 40° anniversaire, j'ai conçu un nouveau passage autonome en 2888 vers. Ils sont calligraphiés sur un rouleau de 50m de long divisé en cinq lés. Le texte est entrecoupée d'insertions peintes à l'acrylique : repères kilométriques en lettres pochoirs, reproductions de logos et de panneaux de navigation disposés d'après le cours du Danube. Les panneaux introduisent du signifiant dans le paysage. Eléments d'un code international ils sont lisibles sans traduction dans toutes les langues du monde. La couleur est elle-même signifiante : rouge pour l'interdit, bleu pour la recommandation. Le rouleau se décrypte comme une carte, un panoramique à l'échelle 1 vers=1 km. Une légende à disposition du visiteur le guide dans son parcours.

37. "Le cours du Danube" sous-titré Gigantexte n°12 s'ajoute à une série d'œuvres de grandes dimensions qui explore l'aspect visuel du texte écrit, détourne et transpose certains codes de communications (alphabet braille, des sourds-muets, pavillons alphabétiques ...) en employant divers moyens : papiers découpés, lettres pochoirs, toiles, peinture acrylique ...  

38. En 1976 je participai pour la première fois à une exposition collective "La fête de la lettre" à l'initiative de Joan Rabascall (Galerie Faccheti. Paris). Avec "Tour de main" j'exposai un texte transcrit selon l'alphabet des sourds-muets, dont chaque lettre-main était dessinée à la plume. Depuis 2010 j'utilise cet alphabet pour inscrire des textes dans un paysage. Je demande à des passants de reproduire une lettre avec la main, que je photographie. Les photos sont ensuite assemblées en texte. Lors d'un séjour à Linz (ville où fut fondée la première compagnie des voyages en bateau ...) au printemps dernier, j'ai invité plusieurs personnes à écrire ainsi un mot sur fond de paysage danubien. Une seconde série fut réalisée autour du Vieux Port, à partir de quelques vers relatifs à Marseille. Ces images montées en "Flipbooks" seront projetées sur écran. A Linz, j'ai découvert que le jeune viennois Josef Kyselak (1799-1831) s'était déjà soucié de l'inscription dans le paysage. Il randonnait à travers l'Autriche, la Bavière, le Tirol, la Slovénie en compagnie de son chien loup blanc "Duna". Il s'arrêtait parfois près d'un monument, d'un château et gravait son nom dans la pierre. Il signa ainsi un rocher en surplomb d'un point de vue sur le Danube.

Josef Kyselak, un homonyme de Joseph K. L'occasion de préciser que ces 2888 vers sont dédiés à Bernard Heidsieck !

39. Avec ses 45°8'53"N et ses 29°45'34"0 Sulina se situe loin de Marseille. Pourtant son point zéro m'en rapproche. En 1998 en résidence au CIPM je fis la découverte du marégraphe et y consacrait un texte. Ce bâtiment aujourd'hui fermé servait à déterminer le nivellement général de la France, dont il marque le point zéro. Un bras du Danube de 50 m de long se jettera donc à Marseille le temps d'une exposition. En 2010 lors d'un séminaire à l'université de Germersheim, le professeur A.F. Kelletat fit traduire ce texte sur le marégraphe par ses étudiants étrangers, en treize langues. Ils l'interprétèrent lors d'une soirée au théâtre Hufeisen. Le point zéro mène ainsi au multilinguisme.

40. Un dernier mot, celui à introduire à la fin du poème pour clore ma concession sur l'infini : le métail (autrefois alliage métallique), car le nom propre est tout à fait commun ! 

 

1972.  solstice
1972 le solstice
1971  l'écliptique
1970  le point
1969  le jour
1968  la tombée
1967  le crépuscule
1966  le dieu
1965  le verbe
1964  l'auxiliaire
1963  l'infinitif
1962  le mode
1961  le mineur
1960  le détournement
1959  l'abus
1958  la confiance
1957  l'homme
1956  le fils
1955  la prodigalité
1954  la dépense
1953  l'excédent
1952  le solde
1951  le débit
1950  la boisson
1949  l'alcool
1948  le taux
1947  le change
1946  l'agent
1945  le marché
1944  le cambiste
1943  la spéculation
1942  la bourse
1941  la valeur
1940  le jugement
1939  le manque
1938  le pot
1937  l'anse
1936  l'arc
1935  la flèche
1934  le sens
1933  l'interdit
1932  le passage
1931  la servitude
1930  la dépendance
1929  l'annexe
1928  le bâtiment
1927  l'entrepreneur
1926  la construction
1925  le matériau
1924  la résistance 
1923  la passivité
1922  la non-violence
1921  la démonstration
1920  l'axiome
1919  l'évidence
1918  l'empirisme
1917  l'expérience
1916  le test
1915  le laboratoire
1914  le préparateur
1913  le microscope
1912  la binoculaire
1911  le grossissement
1910  la lentille
1909  la gousse
1908  la fente
1907  l'ouverture
1906  l'heure
1905  le quart
1904  le quatre
1903  l'ingrédient
1902  la dose
1901  l'administration
1900  le conseil
1899  la discipline
1898  la mortification
1897  la pénitence
1896  le confesseur
1895  le martyre
1894  la rue
1893  le coin
1892  le bistrot
1891  la terrasse
1890  le parapet
1889  le garde-fou
1888  la délimitation
1887  le bornage
1886  la pierre
1885  l'âge
1884  le doyen
1883  la dignité
1882  l'investiture
1881  le fief
1880  la tenure
1879  la concession
1878  le privilège
1877  l'abolition
1876  la nuit
1875  la chemise
 

 

0840 la visière de la casquette du supporter du coureur de l'échappée du peloton
0839 l'abri de la visière de la casquette du supporter du coureur de l'échappée
0838 l'intempérie de l'abri de la visière de la casquette du supporter du coureur
0837 la pluie de l'intempérie de l'abri de la visière de la casquette du supporter
0836 le déluge de la pluie de l'intempérie de l'abri de la visière de la casquette
0835 l'arche du déluge de la pluie de l'intempérie de l'abri de la visière
0834 le mammifère de l'arche du déluge de la pluie de l'intempérie de l'abri
0833 le petit du mammifère de l'arche du déluge de la pluie de l'intempérie
0832 la survie du petit du mammifère de l'arche du déluge de la pluie
0831 l'instinct de la survie du petit du mammifère de l'arche du déluge
0830 le grégarisme de l'instinct de la survie du petit du mammifère de l'arche
0829 la docilité du grégarisme de l'instinct de la survie du petit du mammifère
0828 la soumission de la docilité du grégarisme de l'instinct de la survie du petit
0827 le joug de la soumission de la docilité du grégarisme de l'instinct de la survie
0826 l'encolure du joug de la soumission de la docilité du grégarisme de l'instinct
0825 le décolleté de l'encolure du joug de la soumission de la docilité du grégarisme
0824 l'échancrure du décolleté de l'encolure du joug de la soumission de la docilité
0823 la gorge de l'échancrure du décolleté de l'encolure du joug de la soumission
0822 le pigeon de la gorge de l'échancrure du décolleté de l'encolure du joug
0821 la fiente du pigeon de la gorge de l'échancrure du décolleté de l'encolure
0820 la traînée de la fiente du pigeon de la gorge de l'échancrure du décolleté
0819 la salissure de la traînée de la fiente du pigeon de la gorge de l'échancrure
0818 le lessivage de la salissure de la traînée de la fiente du pigeon de la gorge
0817 le savon du lessivage de la salissure de la traînée de la fiente du pigeon
0816 le marseillais du savon du lessivage de la salissure de la traînée de la fiente
0815 le port du marseillais du savon du lessivage de la salissure de la traînée
0814 le vieux du port du marseillais du savon du lessivage de la salissure
0813 le ferry-boat du vieux du port du marseillais du savon du lessivage
0812 l'appontement du ferry-boat du vieux du port du marseillais du savon
0811 le pilotis de l'appontement du ferry-boat du vieux du port du marseillais
0810 le béton du pilotis de l'appontement du ferry-boat du vieux du port
0809 le mortier du béton du pilotis de l'appontement du ferry-boat du vieux
0808 le pilon du mortier du béton du pilotis de l'appontement du ferry-boat
0807 le mil du pilon du mortier du béton du pilotis de l'appontement
0806 le sorgho du mil du pilon du mortier du béton du pilotis
0805 la parcelle du sorgho du mil du pilon du mortier du béton
0804 l'irrigation de la parcelle du sorgho du mil du pilon du mortier
0803 la rigole de l'irrigation de la parcelle du sorgho du mil du pilon
0802 le creusement de la rigole de l'irrigation de la parcelle du sorgho du mil
0801 la pioche du creusement de la rigole de l'irrigation de la parcelle du sorgho
0800 le manche de la pioche du creusement de la rigole de l'irrigation de la parcelle
0799 l'appui du manche de la pioche du creusement de la rigole de l'irrigation
0798 le fainéant de l'appui du manche de la pioche du creusement de la rigole
0797 le roi du fainéant de l'appui du manche de la pioche du creusement
0796 l'inaction du roi du fainéant de l'appui du manche de la pioche
0795 la réputation de l'inaction du roi du fainéant de l'appui du manche
0794 le mauvais de la réputation de l'inaction du roi du fainéant de l'appui
0793 le désastre du mauvais de la réputation de l'inaction du roi du fainéant
0792 le carnage du désastre du mauvais de la réputation de l'inaction du roi
0791 le tireur du carnage du désastre du mauvais de la réputation de l'inaction
0790 le fou du tireur du carnage du désastre du mauvais de la réputation
0789 la mitrailleuse du fou du tireur du carnage du désastre du mauvais
0788 la rafale de la mitrailleuse du fou du tireur du carnage du désastre
0787 le projectile de la rafale de la mitrailleuse du fou du tireur du carnage