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Fantasmes de femmes

        À Susanne Rinne

Il me plaît de chevaucher aussi
comme sur les fresques de Pompéi
à la Romaine, à l’Andromaque
Alors vous porteriez ma marque
plus suave que marquage au fer rouge
d’exquise servitude abolie
Pour une femme aussi, grand plaisir !
Ainsi n’aurez-vous rien à redire
C’est comme ça que vous serez comblé
à faire toutes ces choses que vous dites
au coq chantant, au pipirit,
à l’infini
toutes ces choses interdites
en théorie
comme on dit
fantasme de femme
en fantastique chevauchée
de haute guerrière, d’Amazone du Dahomey,
telle une fougueuse Penthésilée.

Après tout, qu’est-ce que l’on risque
à faire ces choses que vous me dites
si d’aventure nous le faisions
pourvu que nous le fassions
en douce folie ?
Car une femme debout d’aujourd’hui
ne sera pas pour autant maudite.

Oh, comprenez combien j’hésite !
Mais quelle est cette pudeur dite
féminine
qui me retient aux abords ?
Je sais bien qu’il faut que j’évite
de faire ces choses que vous me dites
en malappris
en malfini
Croyez bien que cela m’irrite
que ce soient choses interdites.

Maintenant c’est moi qui vous invite
en mélodie
en harmonie.
Faut-il vraiment que l’on soit ivre
pour faire exulter nos chairs vives ?
Faut-il que longuement l’on dérive
en féerie
en barbarie
extrêmes dans nos emportements
autant que dans nos engouements
en frénésie
en malcadi ?

Ah ! Pouvoir chevaucher aussi
comme sur les fresques de Pompéi
à l’Andromaque, à la Romaine
ma fière monture enfourchant
à la rue d’Enfer à Saint-Pierre
juste au-dessous du volcan
sous la Pelée rue Monte au ciel,
faire toutes ces choses interdites
en paradis,
m’offrir toutes ces poses que vous dites
en mystique cri,
Yé misticri !
M’offrir toutes ces poses interdites
et cric et crac
et cric crac.
Non, la cour ne va pas dormir
encore à corps et à cris
en hédoniste poésie,
Philosophie,
La philo !
J’ai pris l’envol
Et pis j’ai pris
courir
marronne en
caribéenne épicurie.