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from "Les Leçons d’Edgard"
Si chanter mon amour c’est aimer ma patrie,
Je suis un combattant qui ne se renie pas.
Je porte au coeur son nom comme un bouquet d’orties,
Je partage son lit et marche de son pas.
Sur les plages l’été camoufle la misère,
Et tant d’estomacs creux que le soleil bronza
Dans la ville le soir entrelace au lierre
Le chardon de douleur, cet unique repas.
Nous pouvons oublier dans un baiser facile
Le sang de Diên Biên Phu ou celui de Casa,
Il vient toujours un temps où la beauté s’exile.
Un temps où la colère nous arrache à nos draps.
Lors je perds, me plains et retrouve au combat
Le droit de te chérir et de saveur notre île.
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