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Famine

Inéluctablement les grenouilles prolifèrent dans toute inondation. Mes pays, latitudes crasses et bordures d’enfer, souvent connaissent de ces instants bénis. Vents et pluies. Grenouilles. Crapauds. Pélobates ou autres pélodytes. Les rizières gonflées et la puanteur reconnaissable de la mort fouillée. Fouillée soulevée battue revenue. La peste rode et les aides sont proches pour garnir les poches. Le monde pleure et les vaches seront bien gardées. Solidarité certaine, internationale please, sur le limon de l’empathie humanitaire. La croix est rouge, la croix et la bannière. Les temps sont alimentaires. Mais je sais bien qu’il n’y a de plus savoureuse que la populaille batracienne infestant mes terres de merde. La grenouille, je la bouffe sans mes larmes de rage et de honte, je la bouffe sur mes sinistres et ma mort en digestif. Le gecko l’a bien compris, lui qui se garde bien de se mêler au triomphe de ces bêtes modernes et croassant.